Que de frustration en cette période de confinement à cause du COVID-19. Le printemps, la meilleure période pour voler, commence à peine que nous sommes sommés de rester à l'intérieur à regarder les cumulus s'élevaient sur les massifs alentours. Pour ne pas déprimer, il faut s'occuper. Petit tour des occupations de chacun pour survivre à ces belles journées ensoleillées à l'intérieur.

Le COVID-19 a frappé l'Europe début Mars. La FFVL ainsi que les autorités ont, dans la foulée de l'arrivée de cette épidémie, interdites toutes les activités de plein air, notamment en montagne. Ce confinement a réduit à néant les espoirs des cuisseux de voler pendant les prochaines semaines. Mais ne vous y trompez pas, les cuisseux se maintiennent en forme et continuent de s’entraîner comme ils le peuvent.

Aussi, à défaut de pouvoir voler dans la réalité, certains s'y essayent dans le monde virtuel. Et quoi de mieux que de poser deux points au plafond, d'installer sa sellette devant un ordinateur pour améliorer cette expérience. A noter, pour la référente sécurité, le port du casque, des fois que les points lâchent et que l'atterrissage sur l'airbag ne fonctionne pas ;-)

Pour continuer à progresser, il faut aussi revoir les bases. Et pourquoi pas essayer de comprendre et de recréer la mécanique de vol du vol libre dans un simulateur, avec quelques subtilités (note du développeur) :

« Alors on tourne la camera avec la souris (haut/bas, gauche/droite), des fois ça part en couille. Pour faire tourner le parapente, on appui sur les flèches gauches et droite. Faut pas appuyer trop longtemps sinon ça part en couille. »

Comme dans la réalité finalement...

Et puis il y a ceux qui testent encore et encore jusqu'à poncer le simulateur. Et après des jours et des jours de confinement, ils essayaient de nouvelles figures, de nouvelles manières de voler !

Le contact avec son véritable et seul compagnon de vol, son parapente, fait également aussi parti des obligations pour rester au meilleur niveau. Être attentif à ses mouvements, ses humeurs est un gage de voler plus longtemps, plus loin. Ce parapente qui, après un hivernage au chaud et au sec, ne demande qu'à s'ouvrir et à prendre l'air.

Pour ne pas perdre les sensations avec sa voile, base de toute la progression en parapente, il est tout à fait possible de s’entraîner au 360° et aux wings dans le monde virtuel de Morphée (sûrement plus complet que n'importe quel simulateur sur ordinateur). Dans ce monde là, les lois de la physique sont à l'avantage des parapentistes puisqu'il n'y a pas besoin thermiques pour monter et qu'il est possible de réaliser n'importe quelle acrobatie au dessus d'un simple volcan.

Mauvaise manœuvre ! Vite, un tumbling de sécurité avant de tomber dans l'Etna !

En plus de garder le contact avec sa sellette, de revoir la mécanique de vol, de conserver ce contact avec le tissu et les suspentes, il faut aussi s’entraîner aux « figures » ! C'est tout un savoir-faire que de savoir appliquer la bonne figure au bon moment et cela demande des heures et des heures de préparation !

Entraînement aux figures. De gauche à droite et de haut en bas : (1) J'ai réussi mon décollage ; (2) Cool, je monte dans un thermique ; (3) Merde, je me suis fait enterrer ; (4) Tant pis, je vais voir plus loin ; (5) Accroche toi, c'est du +7m/s ; (6) Dégage de mon thermique, !@#+@ !

Apprendre à contrôler le stress (être désorienté la tête en bas, traverser un nuage, faire une inversion, se prendre un venturi) est aussi un compétence importante lorsque l'on vole. Tous ces petits moments désagréables qui font de bons potins à l'heure de l'apéro (et surtout de bonnes moqueries de la part des copains pour être sur qu'on a bien retenu la leçon !!). Il faut donc s’entraîner à rester zen pour ne pas finir posé dans un endroit improbable, ne pas tirer le secours inutilement.

Quoi de mieux que le yoga pour cela. Ainsi il est possible de reproduire une situation tout en essayant de retirer le stress de l'équation. A noter que nous ne recommandons pas d'essayer cela en vol !

Namasté. Yoga time !

Et puis, il y a les grands frustrés. Ceux qui ne peuvent pas se satisfaire des simulateurs et qui regardent tous les jours les massifs alentours. Ceux qui supportent le confinement en silence et avec philosophie mais qui font également attention à ce que les autres, et surtout les parapentistes qui oseraient prendre des thermiques printaniers très fumant, le suivent également !

Enfin, il y a surtout celles et ceux (surtout celles) qui se lèvent tous les matins (ou les nuits) pour gérer cette crise. Une grande pensée à ces cuisseuses, infirmières et secouristes, qui bravent l'épidémie pour la contenir.

Et gare à vous si vous êtes dehors en même temps qu'elles ! Si elles vous voient prendre des risques, vous allez vraiment finir à l’hôpital !

En route pour la première ligne

Bon confinement à tous ! Restez chez vous ! On espère se revoir rapidement en l'air.

Attention, cette image n'est pas ce que vous croyez !