Quand on aime, on ne compte pas. Troisième fois que le club s'aventure le temps d'une semaine dans les Dolomites à la faveur de la rentrée scolaire. Et cette année fut, parmi les 3, celle qui fut la plus fameuse pour le vol de distance.

« Faut le masque en Italie, même en montagne ? C'est quoi les restrictions là bas ? Comment ça y a un papier à remplir avant de partir ? » Cette année, la pandémie nous aura fait nous poser quelques questions supplémentaires en plus des éternelles « Qui prend sa voiture ? On prend que les ailes ? Quelqu'un prend les torchons et une éponge ? » Mais rien de bien insurmontable puisqu'une fois sur place, on s'est très vite mis à la couleur locale, à retrouver nos vieilles habitudes acquises les années passées ... avec un masque en plus.

En plus la météo a été particulièrement clémente avec nous puisque nous avons pu voler tous les jours ! L'anticyclone présent sur la France ne nous a pas apporté de chaleur insupportable comme à Grenoble mais de succulents thermiques ponctués d'une seule après midi d'averse orageuse. Bref, tout pour finir la saison en beauté. Petit retour sur cette troisième édition.

La samedi est généralement la journée de voyage en voiture entre la France et notre lieu de résidence temporaire à Canazei, dans les Dolomites. C'est long, c'est chiant mais c'est nécessaire ! Une fois les courses terminées et l'acquisition de l'appartement, il est temps de rentrer dans ces vacances.

Petit rituel bien établi, la découverte de la télécabine et de l'atterrissage pour les nouveaux, explication des phénomènes aérologique du coin. Cette année pas de sketchs pour nous souhaiter la bienvenue. Par contre, nous avons été surpris de voir qu'en lieu et place de l'atterrissage, il y avait un enclos à chevaux. Les gens atterrissaient à l'intérieur et sortaient par une barrière sur laquelle il était écrit « Exit » pour aller plier loin du crottin. Hum... oui, pourquoi pas. Au moins, cela délimite clairement la zone de pliage du reste et c'est assez respecté par tous !

Le dimanche, premier jour, la journée s'annonçait fumante et ce fut le cas. Un petit plouf avec les nouveaux, enfin au moins Maéva et Romain (Antoine dormait encore) pour découvrir et faire découvrir les décollages et comprendre par la pratique ce qui avait été dit théoriquement la veille.

« Bon les gars, j'y vais chill dans les Dolomites » nous avait dit JB la veille. « J'ai eu mon quota de beaux cross cette année. »

Une fois ce premier vol effectué, on est remonté. Les crosseux attendaient en haut, voir avaient commencé à décoller. JB et Antoine étaient, bien évidemment déjà en l'air à tenter de faire des bornes vers le Sud. « Chill » n'est-ce pas ! Lionel et moi, nous sommes mis également en l'air pour tenter de rejoindre la grappe de parapentistes qui s'avançait vers le Sud. Mais je crois que personne n'avait vraiment envie de se vacher ce premier jour. Aussi, personne de notre groupe n'a tenté de passer la transition au dessus de Carezza.

Pendant ce temps, un autre groupe, constitué de Philippe et Vincent, était parti un peu plus à l'Est, en direction de la Marmolada. Mais Philippe ne connaissant pas trop le coin, où transiter, à quelle altitude, quoi viser, dû, la mort dans l'âme, aller vacher au pied de celle-ci et il mit une bonne heure et demi pour rentrer à l'appartement.

Dans notre groupe de 4 partis vers le Sud, nous sommes remontés en direction de Canazei, en ordre dispersé (30 minutes à 1 heure d'écart). Nous nous sommes ensuite aventurés vers la Marmolada dont la face Sud était sous les nuages. Il s'agissait d'un nuage thermique, donc, gentil nuage... sauf si vous êtes sous le vent du thermique où ça peut ne pas être très agréable. Le président Vincent avait ouvert la voie puisqu'il revenait dessus pour la deuxième fois de la journée (il est fort ce président dites donc !).

« J'ai posé au sommet de la Marmolada » nous déclara JB. « Par contre, c'est une belle connerie. Je pensais pas que la neige était super dure. Fallait pas se rater. J'ai posé sur le chemin en pierre. Par contre, je suis sous le vent du thermique, c'est tout calme, je sais pas si je vais pouvoir redécoller... »

C'est embêtant, il n'a pas de matériel d'alpinisme pour redescendre en plus... Bon courage dans ta bêtise mon ami ! Moi je rentre, je suis gelé jusqu'aux os ! Mais on reste en radio au cas où ;-)

Finalement, JB redécolla sans encombre depuis un névé pendant que le reste des volants retournait tranquillement à l'atterrissage pour fêter ce premier jour de vol !

Résultat des courses pour cette première journée : un vachage (Philippe), une bêtise au sommet de la Marmolada (JB), un premier cross pour Maéva (Sasso Lungo puis Sasso Pordoi, ce qui fait déjà quelques belles transitions), une découverte du Sud (Antoine et moi puisque les deux autres connaissaient déjà un peu), une Marmolada (Antoine, JB, Lionel, Rémi), deux Marmolada (Vincent), un enchaînement d'exercices post-SIV (Romain).

Traces du premier jour :

Le lundi, les plafonds sont toujours là mais les thermiques sont un peu moins accueillants, plus petit, plus diaboliques. Cela se met aussi en place un peu plus tard que la veille ce qui nous permet de faire quelques ploufs pour améliorer nos compétences de pilotage au travers d'exercices comme le tangage, le roulis, la marche arrière, les 360° ou les wings over.

JB se met en l'air le premier et tente de partir vers le Sud. Il voulait aller au delà des limites de la veille et tenter la transition puis le retour par les faces Sud pour revenir sur la Marmolada, le cross qu'avait fait Damien deux ans plus tôt. Il sera le seul à tenter le cross ce jour là. Mais il butera sur ce que l'on surnommera plus tard le « soaring de l'enfer ». Puis il rentrera simplement par les faces Ouest, complètement lessivé par son vol.

Le « soaring de l'enfer » !!!

Nous autres sommes plutôt tenté de rejoindre directement la Marmolada mais le vent d'Est en altitude et l'heure précoce de la journée auront raison de nous. Finalement, nous resterons toujours plus ou moins à portée de l'atterrissage à ploufer ou à nous amuser sur les faces aux alentours.

Traces du deuxième jour :

Fort de l'expérience et des retours de JB sur son vol d'hier, nous nous motivons à tenter l'expérience avec Antoine de découvrir plus loin le Sud et peut être rejoindre la Marmolada par les fameuses faces Sud. On se prend à rêver de remonter au Nord après la Marmolada pour boucler un vol de 100km. Avec les conditions d'aujourd'hui, il y a moyen.

Cette fois ci, Lionel et moi prenons notre envol ensemble. JB et Antoine sont dans la benne pour arriver au décollage. Sur un bon cycle, Lionel me laisse sur place et transite au Sud sans passer par le Sasso Lungo qui est généralement notre porte de sortie pour prendre du gain facilement. Je le suis donc avec une transition de retard parce que j'ai du prendre la porte pour monter.

Mais Lionel abandonnera rapidement, trouvant les conditions moins généreuses que les jours passés. Pour ma part, je suis avec une grappe de parapentistes, tous ou presque en cocon, qui filent vers le Sud. Cela me matérialise bien la masse d'air et m'aide à transiter au dessus de Carezza et surtout à savoir où raccrocher de l'autre côté. JB et Antoine sont sur mes talons. JB pousse le barreau et donne tout ce qu'il a pour me rattraper mais cela lui coûtera une transition ratée et un peu plus de retard que prévu.

Quelques thermiques plus tard, j'arrive au dessus du point le plus au Sud de mon trajet. Je sais que ce qui m'attend de l'autre côté, c'est : le « soaring de l'enfer » ! Alors pour me préparer, je prends le plus de gain possible, j'accroche de l'ail sur les élévateurs, enfile ma croix chrétienne et me demande pourquoi je n'ai pas fait latin au collège.

Quasiment toute la grappe que je suivais a transité. Je pars avec la dernière voile quand le nuage commence à se désagréger au dessus de ma tête. Le cycle est fini, il est temps de se lancer. JB m'a expliqué la veille où il fallait que j'aille pour remonter facilement mais tout s'embrouille, je n'arrive pas à visualiser la combe dont il me parle. Sûrement l’œuvre du malin ! Tant pis, on verra de l'autre côté. Je prends le temps de la transition pour souffler et me préparer mentalement à ce qui m'attend.

Avant d'arriver de l'autre côté, je constate que certaines voiles sont en train de radasser et tournent en rond dans du petit, du très petit. La voile devant moi continue tout droit sans rien trouver. Je fais pareil parce que je crois distinguer une voile qui monte plus loin, ou alors c'est moi qui descend... Bref, je continue, attentif à la moindre bulle et au moindre feuillage qui bouge sous moi. Sauf que beaucoup d'arbres bougent mais ne permettent pas de monter.

Ce qu'il faut comprendre sur ce soaring, c'est que la brise vient s'écraser dessus, c'est donc du dynamique. Mais la brise n'est pas assez forte pour faire monter nos parapentes. Et à l'heure où nous sommes, le soleil n'est pas assez fort pour avoir des thermiques bien formés, ils se font laver par la brise. On se retrouve donc dans un mélange de thermodynamique qui ne monte pas. On stagne...

Pour s'en sortir, il faut attendre que la brise faiblisse un peu pour que les quelques bulles thermiques puissent nous monter d'un mètre sans se faire laver. Et on recommence pendant 15 à 20 minutes (pour moi mais pour ceux plus bas, ça prendra plus de temps). Une fois au dessus, on récupère la confluence des thermiques et on reprend du gain facilement. C'était effectivement bien l'enfer...

Pour me rattraper Antoine et JB couperont une transition chacun plus tôt. JB se coltinera 50 minutes de cet endroit tandis qu'Antoine arrivera bien au dessus, lui évitant donc le « soaring de l'enfer ». Et pendant que JB s'évertue à sortir, Antoine et moi avançons sur la crête rapidement car le nuage est en train de se disloquer : le cycle se termine, il faut en profiter un maximum.

J'avance et je trouve assez facilement le thermique. Je vois alors Antoine qui avance et je me dis intérieurement : « Antoine, prend ce satané thermique ! Qu'est ce que tu fous ! » Hélas, Antoine ne trouvera pas le thermique qui m'amène tranquillement à 2700m, suffisant pour transiter sans encombres. Quelques dizaines de minutes plus tard, Antoine devra aller se vacher dans la vallée après avoir fait la même transition que moi mais plus bas. Contrairement à moi, il n'aura pas réussi à reprendre du gain en face.

JB s'est extirpé des enfers une nouvelle fois et a réussi à trouver le gain pour la transition suivante. Malheureusement, il n'arrivera pas à son tour à reprendre du gain en face. Pour ma part, je suis perché à plus de 3000m. Est-ce que je suis joueur et je tente les faces Sud comme on l'avait initialement prévu ou alors je me rentre par les faces Ouest ? Tiens une voile s'avance en direction des faces Sud. Allez, je tente ! Mais la peur que les faces Sud soient éteintes m'étreint.

J'avance sur la crête des faces Sud mais je ne me fait que dégueuler et je ne trouve rien pour me refaire. La voile devant moi subit la même chose. Arrivé au col, je la vois réussir à passer de l'autre côté et à commencer à se refaire sous un superbe cumulus (gentil nuage). Chouette, ma porte de sortie ! Sauf que je n'arriverai pas à passer le col et me retrouverai sous le vent de ce dernier, à me faire un peu tabasser et bien enterrer dans la vallée étroite juste dessous.

J'arrive malgré tout à m'en sortir et à jouer avec le dynamique et les thermiques pour arriver tant bien que mal à rentrer à l'atterrissage. Pendant ce temps, JB a réussi à se refaire et culmine à 3500m. Il ira faire la Marmolada pour la deuxième fois du séjour. Et Antoine trouvera un stop pour rentrer.

Traces du troisième jour :

Le mercredi, le créneau météo était plus petit. Il était annoncé des orages en milieu d'après midi. Pas de gros vols, sauf Lionel qui a retenté d'aller au Sud. Tous les autres sont restés à portée de l'atterrissage à faire du thermique et des exercices de pilotage.

On retiendra surtout la perte du casque d'Antoine sur le décollage orienté au Nord. La décollage Nord se trouve au dessus d'une série de paravalanches dans une pentes qui doit faire entre 100m et 200m d'altitude (cf. la photo du dessous). Bref, Antoine a sorti son casque de sa sellette. Sauf que le casque s'est fait la mal (encore le malin je suis sur). Et donc, il s'est mis en quête de ce casque, ne pouvant pas décoller sans.

Une fois en l'air, JB a tenté de localiser le casque depuis son thermique et, croyant l'avoir aperçu, il a pris une photo et a entouré l'endroit d'une marque blanche dès qu'il s'est posé avant de l'envoyer à Antoine.

« Je crois que ton casque est dans ce coin »

Pendant ce temps, je reçois une demande d'Antoine de monter son casque d'escalade pour qu'il puisse malgré tout décoller avant que l'orage n'arrive. Je m'exécute donc et cours chercher le second casque en plus de récupérer l'aile d'un cuisseux pour faire un essai. J'arrive en haut et Antoine est en bas, injoignable, ni en radio, ni au téléphone. Après plusieurs essais, j'arrive à le joindre.

« J'ai ton second casque, tu le veux ? »

« Non en fait, je suis descendu là où JB m'a indiqué l'avoir vu. Il est bien gentil, mais c'est vaste sa zone de recherche quand même... »

« Tu veux de l'aide ? »

« Non, au pire je le trouve pas. Mais te prend pas la tête, je vais remonter. »

« Ok. Je fais quoi du casque du coup ? »

« Redescends avec, je vais prendre la benne pour rentrer je pense. Je cherche encore un peu et j'arrive. »

« Ok, comme tu veux. »

Je décollais donc avant que l'orage ne fasse des siennes. Mais en posant, j'ai tout de suite annoncé que je voulais remonter sans parapente, ni sacs pour aller aider Antoine à retrouver son casque. Mais nous n'aurons jamais l'occasion de prendre la benne. Finalement en remontant par les paravalanches, Antoine est tombé sur son casque, sur le troisième paravalanche en partant du haut !

Finalement, on a terminé la journée à jouer à des jeux de société et à faire la cuisine pour le soir.

Traces du troisième jour :

Le jeudi, les prévisions annonçaient une journée quasiment pas volable. Nous en avons donc profité pour faire d'autres activités. Lionel, Philippe et Vincent sont partis faire un peu de visite culturelle et contempler la Marmolada depuis le Sasso Pordoi en prenant l'autre télécabine. Romain est parti randonner vers le Sasso Lungo. Antoine, Maéva, JB et moi sommes partis faire la via ferrata qui se trouve juste à côté de la gare d'arrivée du télécabine.

Mais en arrivant au sommet de la via ferrata, on s'est dit qu'on remonterai bien avec les ailes pour voir s'il était possible de faire du soaring, comme la première année dans les Dolomites, c'est-à-dire en face Nord sur les pistes de ski. JB s'est élancé le premier, confiant dans les conditions. Et après quelques minutes, je l'ai rejoins. Mais le créneau s'est vite apaisé et cela s'est terminé en gonflage sur la piste de ski.

On ne pouvait pas finir ces Dolomites sans mentionner le jour le plus croustillant de ce séjour, le vendredi, jour de cross, le vachage de club ! Les conditions étaient de nouveau là, comme en début de semaine. En plus, il s'agissait du dernier jour avant de plier bagages et de rentrer. Autant dire que tout le monde s'était préparé psychologiquement pour.

Lionel a été le premier à se mettre en l'air et en route pour le Sud. Il avait 50 minutes sur les deuxièmes du club. JB et moi avons décollé quasiment en même temps. Enfin, Philippe a décollé un peu plus tard avec Antoine qui, ayant oublié ses affaires de cross à l'appartement, allait prendre un peu de retard.

Lionel était donc loin devant et n'hésita pas cette fois ci à transiter au dessus de Carezza. Il sortait enfin de sa zone de confort et allait devoir affronter le monde hostile du Sud, et notamment le « soaring de l'enfer » (je vous remets pas la musique, elle est plus haut). Bref, il arriva donc au point le plus au Sud du parcours, prit un maximum de gain et se lança à son tour dans cet enfer aérologique.

Pendant ce temps, JB m'avait mis une transition dans les dents. Mais je n'étais pas pressé de retourner en enfer, surtout si tôt dans la journée. Je me disais que Lionel allait surement galérer mais j'étais curieux de voir s'il allait s'en sortir. Lionel est assez réputé pour sa tenacité, surtout dans du tout petit. Et là, il allait être servi !

Je transitais finalement au dessus de Carezza et je voyais JB au loin rentrer et sortir du nuage pour prendre le plus de gain possible avant d'avancer. Je n'avais pas vu ressortir Lionel et j'étais à 3 transitions de l'enfer. Je me suis alors dit que j'allais couper, comme l'avait fait Antoine quelques jours plus tôt.

D'un commun accord avec JB, nous avons décidé de tenter la transition depuis nos sommets respectifs pour nous retrouver au dessus du « soaring de l'enfer » ensemble. Pas de problèmes pour ma part pour transiter. Mais JB s'est pris une méchante demi-aile avec un début d'autorotation. Il s'en est sorti mais cela l'a bien calmé au début de sa transition.

En arrivant en face, pas de trace de Lionel. Un gros cumulus attendait JB à la fin de sa transition. Pour moi il était un peu trop au Sud et ne pas aller dessus fut mon erreur du vol (ça me faisait faire un détour). J'ai donc raccroché sur la crête en face mais je n'ai rien trouvé en essayant de remonter au Nord. Cela m'a donc obligé à aller chercher des thermiques proches des pentes herbeuses du secteur.

Dans ma tête, j'hésitais entre poser et continuer à chercher un thermique. Cette dissonance cognitive me bloqua quelques secondes et m'empécha de réfléchir rationnellement. Finalement, à la faveur d'une approche trop pres de la pente, et donc d'un mauvais pilotage, je me suis crashé dans la pente herbeuse. Bon, voilà, je suis posé maintenant, il n'y a plus de questions à se poser. C'est quoi la suite du plan ?

« Ca va Rémi ? Je t'ai vu te crasher » me demande JB en radio.

« Oui, oui, ça va. Par contre, j'ai un peu mal à la main... » Rien de cassé, rien de bleu mais une commotion due à mon crash. Peut être une entorse. Mais j'arrive encore à bouger sans me rouler par terre de douleur.

Je replie alors tant bien que mal ma voile pendant que JB me survole plusieurs fois pour se faire sa propre idée de ma situation. J'entame ensuite la montée de la pente herbeuse pour décoller d'un peu plus haut, en espérant que les thermiques seront mieux formés. Au pire, si j'ai trop mal, cela me permettra de basculer dans la vallée de l'autre côté et de poser proche d'une route pour rentrer en stop.

Pendant ce temps, Lionel n'a pas réussi à se refaire et à du aller vacher dans la vallée. Oui, mesdames et messieurs, vous ne révez pas. LIONEL A VACHE ! V.A.C.H.E ! Chose qui n'a pas du lui arriver depuis... depuis... en fait je ne l'avais jamais vu vacher !

Je me remet en l'air, un gros cumulus se met en place au dessus de ma tête. Cool, un cycle ! Mais ma main me fait un peu souffrir quand même. Je vais pas tenter les faces Sud, je rentre directement. Le froid dans l'air va m'aider à atténuer la douleur. Au moins le côté positif de la situation.

JB a une nouvelle fois un transition sur moi et Antoine vient à peine de transiter sur moi, mais vachement plus bas. Il est loin sous la crête. Il n'arrivera pas à son tour à se refaire et ira vacher un peu au Sud de Lionel. JB n'arrivera lui pas à se refaire et ira vacher à son tour à côté de Lionel.

« Ici Philippe ! Je me suis vaché également. » Et un de plus !

« Bon Rémi, t'as pas intéret à vacher, il n'y a plus de place dans la voiture. » me déclara Lionel en radio.

Romain était en train de venir récupérer les 4 personnes qui s'étaient vachées. Et comme la voiture n'avait que 5 places, il fallait en effet que je rentre par mes propres moyens. Merde...

Mais je ne serai pas joueur. Je n'allais pas aller tenter les faces Sud, je voulais rentrer vite. Et comme Romain venait de partir, j'aurais plus vite fait de rentrer en volant que d'attendre ! Et puis la douleur était supportable tant que je ne tirais pas mes commandes comme un âne.

Je rattrapais alors des grappes de parapentistes qui m'aidèrent à matérialiser la masse d'air, ce qui me permit de rentrer sans me prendre la tête, même si tous les thermiques rencontrés sur le retour n'étaient pas tous très sympa !

« Les mecs, je crois que j'ai perdu ma radio ! » déclara Antoine une fois de retour à l'appartement. T'en loupes pas une toi ! Après le casque, voici le tour de la radio.

Finalement, nous sommes repartis à 4 chercher la radio là où Antoine avait vaché quelques heures plus tôt. On la retrouva facilement puisqu'elle était toujours allumée et qu'en parlant dans une autre radio, cela nous aida beaucoup pour la repérer.

Traces du dernier jour :

Comme notre très cher caméraman n'était pas de la partie cette année, il n'y aura pas de vidéo et il y a également moins de photos. Mais le séjour fut globalement super avec une météo des plus clémente et un peu moins de parapentistes que les années précédentes (la faute à la Covid ?). Merci à tous pour ce séjour !

Une pensée particulière tout de même pour Nico qui se bat à sa façon contre d'autres formes de la Nature et à qui nous souhaitons un prompt rétablissement :-)