Déconfinement obligatoirement dehors pour ce premier WE de liberté ! Et quand on dit reprise, surtout en parapente, on pense tout de suite à la foule de Saint Hilaire qui va se masser. Du coup, on s'est motivé à 4 à faire un Col du Baure à pied en espérant voler un peu avec ces nuages bas...

« Je préfère aller au Col du Baure, il y aura moins de monde qu'à Saint Hilaire. Et puis avec les exercices du PGHM à l'école d'escalade, ça mettra un hélico entre nous et la foule. »

« Pas bête ça ! »

Mais la reprise, après 2 mois de confinement, avec un sac de 15kg sur 800m de dénivelé, n'est pas de tout repos. On aurait pu faire un plus simple en allant à Saint Hilaire, mais la foule quoi... Et puis, ça décrasse tout ça et on reprend le contact longtemps perdu avec la nature, la foret, la terre et bientôt l'air.

On arrive au décollage et, surprise, il y a un peu de monde sur le décollage. Mais ils sont assis dans leur sellette, au sol. Le nuage est là et la trouée se fait attendre pour pouvoir s'élancer. Tant mieux pour nous, on va pouvoir prendre le temps manger un morceau et regarder ces fusibles décoller.

Les plus pressés d'entre nous se préparent après avoir englouti leur casse-croûte en moins de deux. Les autres font semblant de faire sécher leur t-shirt en plein dans le nuage bourré d'humidité, quelle idée ! Et finalement, la levée du nuage tant espérée - et prédite sur les sites de météo - arrive enfin et le décollage se vide petit à petit de ses hommes volants.

Le vol n'aura duré que quelques minutes, 15 maximum pour ceux qui sont allés lécher les falaises pour tenir un peu plus. L'atterrissage de 3 d'entre nous se fait sans soucis à Saint Nazaire. Mais un larron manque à l'appel...

« Allo Rémi, je me suis posé au pied de l'école d'escalade. J'ai vaché, j'ai pas réussi à me refaire. Je vous rejoins à l'atterrissage de Saint Naz. »

Je ne suis pas un grand fan de délation mais je pense que vous aurez tous reconnu le loustic en question ;-)

Sitôt revenu, nous nous penchons sur la suite. Il y a de l'hésitation dans l'air entre aller gonfler ou boire un coup. Mais finalement, ce sont les voiles bien au dessus du plateau de Saint Hilaire qui sauront nous redonner une coup de fouet.

« On s'en remets un ? Du Col du Baure encore ? », demande JB.

« D'accord mais on monte en voiture cette fois ci ! », répond Quentin.

La montée en voiture jusqu'au pied du Col aura raison des plus récalcitrants. Et nous entamons donc notre deuxième randonnée de la journée, moins longue que la première, mais tout autant dans la nature. Par contre, le décollage est désert, comme les alentours de Chateau Nardent. Pas une voile, on va pouvoir se faire plaisir !

Nous décollons de nouveau et prenons tous la direction de l'école d'escalade. Cette fois ci les conditions sont en place pour que nous puissions y rester et nous aventurer en direction de la foule de Saint Hilaire (qui finalement n'est pas si dense que ça).

Alors que JB continue plus loin dans le bocal de Saint Hilaire, Quentin et Antoine cherche à reprendre du gain aux antennes. Pour ma part, je fais demi tour et retourne m'amuser tout seul à l'école d'escalade puis à Chateau Nardent où j'attendrai péniblement le sommet quelques minutes plus tard.

Une fois au sommet, je vois Antoine et Quentin prendre la direction de l'atterrissage. Le deuxième n'aura pas l'altitude nécessaire pour y poser, mais il trouvera une vache dans le champ juste avant. Me concernant, fier d'être sûrement le seul à avoir atteint le sommet de Chateau Nardent à ce moment, je m'interroge.

« Hum... Est-ce que je tente le Saint Eynard ? Je suis peut être un peu gourmand. Procédons par étapes, je fais d'abord la transition du Manival et on verra après. De toute façon, je serai encore en finesse de l'atterro... »

J'entame donc la transition, puis je vais voir un peu sur les falaises plus loin ce que ça donne. Et ça porte relativement bien ! On continue donc ! Je vole comme ça jusqu'à mi Saint Eynard. Mais pris d'un doute, je teste quand même, en faisant demi tour, si je suis contré par le Nord annoncé aujourd'hui. Un peu mais pas dramatique, par contre, je perds de l'altitude, je le sens. Bon, pour une reprise, c'est déjà pas mal, je rentre. Et puis j'ai pas de vario alors bon, on va pas tenter le diable non plus...

Je rentre certes mais avec un peu les pieds dans les sapins. Rien de bien dramatique puisque j'arrive au dessus de l'attero sans problèmes et j'ai même besoin de faire quelques virages pour me poser. J’atterris comme une fleur pour la deuxième fois de la journée.

Pendant que je plie, je vois JB me rejoindre. BOUM !! Je me permet de l'évoquer ici parce que ce n'est pas courant alors c'est bien de le noter mais le gros BOUM c'est un crash de JB à l'atterrissage. Il se remet malgré tout facilement sur les jambes.

« Et bien, ça faisait longtemps que ça m'était pas arrivé ! » me déclare-t-il en s'avançant vers moi.

« C'est le karma, t'avais qu'à pas me rappeler les miens ce matin en montant. »

Les deux autres arrivent, ils étaient parti récupérer la voiture du haut. Après une journée comme ça, il est temps d'aller boire un coup, mais les bars de Lumbin sont fermés... Rendez-vous donc chez Antoine où l'on commence, comme à l'accoutumé, le débriefing de la journée.

Conclusion pour une reprise : 2 vols, 2 vachages, 1000m de dénivelé de randonnée, peu de monde en l'air et un début de cross en direction du Saint Eynard qui aurait pu se transformer en vachage supplémentaire si je n'avais pas fait demi tour à temps. Une bonne reprise quoi !