J'ai le vol bivouac en tête depuis un certains temps... Mais l'idée se concrétise avec des bonnes prévis sur 2 jours, couplées à l'anniversaire d'un ami prévu au sommet du Moucherotte la veille. Je profite de ce prétexte pour monter aile, tarp, duvet, bouffe, masque et gel hydro (covid oblige), et me prévoir 2 jours de vadrouille sur jeudi et vendredi. J'ai pas mal de plans en tête, depuis le tas et le retour à la maison en stop direct, jusqu'au posé à Annecy (faut bien rêver un peu).

Le bivouac au Moucherotte en couverture (Merci @Clément pour la photo).

Le matos est prêt !

Les copains descendent à 9h30, et je temporise un peu (dur à croire non?). Je descend chercher de l'eau à la source 200m plus bas et mange un bout. Le nord-est rentre quand même bien, et le déco nord ouest est franchement sous le vent (plein travers, avec un cheminement pile sous le vent les 200m après). Je me résous à décoller depuis la plateforme de l'ancien hôtel. C'est déco falaise (qui porte sacrément bien son nom), mais le vent est assez régulier. Je me place assez loin pour être sur de bien monter l'aile au dessus de la tête avant de me jeter dans le trou. Je prends mon temps (parce que je me chies sacrément dessus), et quand je me retrouve tout près, un peu après 11h, le vent tombe. Il ne reste qu'un petit 5km/h paresseux, et le dos voile pour me jeter dans le vide avec les thermiques derrière ne me tente pas (franchement Alexis, respect ^^). Sous les yeux des 15 mecs qui attendent que je partes depuis 10min, je remballe tout et file au déco ouest avec mon aile en bouchon, et mon barda de 15kg dans la sellette. Là c'est travers mais moins pire qu'avant : banzai. Ça passe pas loin des arbres, je serre les dents, et c'est parti ! Avec le recul, la reprise fait faire des conneries quand même ; c'était bien débile.

Le soleil tape bien, et le plafond devait commencer à monter à cette heure là, je devrait pouvoir aller jusqu'au Grand Veymont sans trop de problème. Et là commence 2h de bataille entre 1200m et 1600m, les pieds dans les arbres, à avancer petit à petit vers le sud. Après avoir galéré au Col Vert, je me dirige pour poser poser par là, pour avoir un bon déco pour le lendemain. Mais hop, bipbipbip, un petit thermique me remonte, et je continue un peu. Rebelote sous les Deux Sœurs, je choisis ma vache, commence mon approche, et une bulle me redonne les 300m qui me manquaient pour aller chercher le premier cum de la journée, sur Sophie (ou Agathe, aucune idée) : enfin un vrai thermique ! Je fais le plein à 2500 (c'est joliiiii), et pars sur les faces Est : toutes à l'ombre (bah normal j'ai mis 3h pour faire 15 bornes). Je me laisse glisser vers Gresse-en-Vercors, et pose avec joie, vu que je suis complètement rincé.

Il est encore tôt et j'ai largement le temps de faire les 2km de rando vers Gresse, et la montée du Serpaton dans la foulée. J'entame donc une opération de lobbying pour inciter les gens à venir voler au Serpaton le vendredi. L'avenir montrera que c'était effectivement un bien meilleur plan que Saint-Hil, mais soyons honnête, j'en avais aucune idée. Ça marche plutôt bien, puisqu'une troupe de 5 cuisseux se forme, dont JC qui se propose de venir bivouaquer le soir au Serpaton avec moi. Je comprends pourquoi quand je le vois arriver au sommet dans un camion flambant neuf (enfin acheté il y a une semaine, mais avec déjà pas mal de bornes au compteur), d'une couleur douteuse mais doté de tout le confort nécessaire. J'ai de mon côté planté mon tarp, et j'accepte avec plaisir la bière fraîche et l'apéro qui viennent nettement améliorer la bouffe que j'avais prévu (pas de réchaud -> fromage, pain, saucissons, fruits secs sur 2 jours).

Bivouac au Serpaton, avec vue sur le mont Aiguille

Le lendemain, après un bon café (merci JC :) ), on se dirige au sommet. Les prévis sont fumantes, et les autres cuisseux arrivent. Une première aile décolle vers 10h30, ça tient : let's go ! Le thermique est pas bien énervé, mais je fais quand même un joli plaf et file sur la première transi. J'avais encore jamais réussi à sortir au Serpaton, la journée commence bien ! Nico est juste derrière, et il avait le même plan que moi : passer au dessus de Grenoble. Après m'avoir proprement déposé au thermique des Deux Sœurs, il file vers le nord et je le suis de loin. C'est pas la même journée que la veille : perché tout le long, je savoure la vue et pousse un peu le barreau parce qu'il va sacrément vite avec sa formule 1... Au Moucherotte, les séquelles de la veille se font sentir, je n'ai pas le mental d'attendre le cycle et de comprendre comment marche ce foutu thermique, et part de 2350m (alors que ça montait à 2500 1km avant...). Nico patiente un peu plus (et il a bien raison !).

Survol de Grenoble, le Mont blanc en fond

Je rentre les bras et arrête de respirer pendant 20min, et arrive finalement au Rachais plus haut que la seule fois ou j'avais fait cette transi (il est possible que j'ai mordu la ZIT de 20 ou 30m, mais j'ai pas fait exprès). Devant moi le Saint Eyn, une journée fumante du mois de mai en plein WE prolongé, à 13h... et pas une aile au dessus. Heuuu pardon?? Ah tiens, il a 2 Enzos sur le bas des falaises. Merde. Mais on est en Mai, il y a pas encore d'inversion normalement ! Je ne trouve pas grand chose sous le Rachais, et me rend compte que la Chartreuse est cassée. Je me jette sur le Saint Eyn en espérant un thermique qui partirait des champs juste dessous, mais surtout en repérant une jolie vache. Que dalle, allez on pose. Un posé contre pente et vent de cul plus tard, je me relève tout content, déjà parce que j'ai 2 chevilles entières et puis d'être rentré à la maison par les airs.

Pendant que je mange un bout, je vois une aile verte bien perchée passer au dessus de moi. "YEEEES ALLEZ NICO !!!", mais bon je doute qu'il m'ait entendu, 800m au dessus. Je prends des news des autres cuisseux, et on dirait que ça s'est bien amusé : des vaches de partout, un 3300m au dessus du Grand Veymont. La branche saint-hilairienne du club a l'air un peu moins ravie de sa journée, mais les plans d'un Chamrousse du soir se profilent, ça devrait rattraper. Je commence ma descente à pieds. Après avoir remonté mon champ, je me retrouve coincé par les barrières de propriétés privées. S'en suit 30min à galérer dans la forêt et les ronces, pour finalement rejoindre la route et rentrer en tram. "Allo, Romain? Oublie moi pour Chamrousse finalement, je suis rincé en fait".

Une chouette expérience et un bon test pour le matos, hâte de réessayer !